Curtis
STRANGE:"coup-de-pied-aux-fesses Européen"
Au lendemain de la plus large victoire en Ryder Cup remportée par les Européens sur les
Américains à Belfry le 29 septembre 2002, les titres de la presse étaient différents
selon le côté de l'Atlantique d'où ils venaient. 
Retardée d'une année suite à l'attaque terroriste des
Tours de New York, cette compétition était aussi différente de toutes ses
précédentes. Non seulement à cause de son report, mais aussi parce qu'il fut décidé
en même temps de reconduire les mêmes équipes dans les mêmes uniformes. Si les rangs
n'étaient plus les mêmes comme ce fut le cas pour Price, les silhouettes avaient aussi
changé tel l'Américain Cink qui avait perdu 15 livres et dut envoyer pantalons et polos
à retoucher.
Du côté Américain, USA TODAY titrait simplement que
" Les Eropéens ont repris la Ryder Cup " et Jerry Potter se contentait d'y
relater les faits et dires relatifs à " une étonnante victoire 15 ½ à 12 ½ sur
les Etats-Unis "
" Colin Montgomerie (le meilleur golfeur produit en
Europe au cours de la décennie) a donné le ton en battant Scott Hoch 5/4 dans la
première partie des simples tandis que Philip Price (enterré à la 118ème place au
World Golf Ranking) en fit presque autant en éliminant le n°2 mondial Phil Mickelson par
3/2 ".
Dans le International Herald Tribune, Christopher Clarey sous le titre " les
Européens outgolfent les Américains " racontait l'histoire dans un autre esprit.
" Les Européens ont volé une page du carnet de jeu Américain en dominant les
simples et en gagnant par 15 ½ à 12 ½ . "
" En standards de la Ryder
Cup, c'est une déroute
"
Dans les journaux britanniques, les titres étaient plus
enthousistes, évidemment ! Le Daily Telegraph estimait que " l'esprit d' équipe
avait porté l'Europe à gagner la Ryder Cup " tandis que Le TIMES était
ironiquement modeste en titrant que " les vairons du golf sautaient de joie " et
le " Daily Mirror " jouait avec les lettres EU pour célébrer la victoire des
" E Unis d'Europe " par un triomphant " EUREKA " de dernière page,
EUR étant imprimé en bleu.
" Les golfeurs des Etats-Unis, super-chiens
irrésistibles, ont été écrasés par les sous-chiens de l'Europe " écrivait Simon
Barnes à la première page du TIMES. Il était effectivement patent que les

Européens n'étaient pas favoris et que les Américains
montraient une telle confiance, probablement trop, dans leur supériorité. La
confrontation n'en fut que plus intéressante et la victoire plus méritoire.
Dans les compétitions précédentes, les golfeurs
Américains avaient toujours été plus forts que les Européens dans les singles et c'est
la raison pour laquelle les paris étaient si élevés après la fin du deuxième jour
lorsque les deux équipes finirent à égalité 8 à 8. Beaucoup d'Européens étaient
alors très pessimistes pour la suite. Et ce fut la raison de leur enthousiasme devant les
larges victoires de Montgomerie et Price, mais aussi de Padraig Harrington 5 à 4 sur Mark
Calcavecchia, du senior Bernhart Langer jouant sa 10ème Ryder et battant 4 à 3 Hal
Sutton, du Danois Thomas Björn 2 up sur Steward Cink tandis que Darren Clarke, Niclas
fasth, Paul McGinley, Pierre Fulke et Jasper Parnevik partageaient les points avec
respectivement David Duval, Paul Azinger, Jim Furik, Davis Love III et Tiger Woods. Les
deux points Américains venaient de Davis Toms qui battit Sergio Garcia 2 up et Scott
Verplank 2 à 1 sur Lee Westwood.
" Nous avons reçu un coup-de-pied-aux-fesses
Européen " déclarait Curtiss Stage, capitaine malheureux du Team Américain tandis
que Sam Torrance, heureux capitaine Européen, était shampouiné au champagne par ses
équipiers.
Ryder Cup 2002 :<>
Comme il a été dit, le tableau des
scores du dernier jour fut surtout bleu:
Sunday Singles Matches : Europe 7 ½ USA 4
½

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Sam Torrance aidé par le manager de Manchester United
Lorsque Paul McGinley glissa la balle de la
victoire de l'Europe dans le 17ème trou en ce dimanche 29 septembre 2002 à Belfry, ce
fut une explosion alentour.

Seul un homme demeura sur ses hanches et
versa une larme de joie après trois jours de tension : Sam Torrance qui fut un formidable
capitaine pour l'équipe Européenne. Du début à la fin, il fut au four et au moulin,
mais demeura modeste dans la victoire : " Ce sont les joueurs qui ont gagné, je les
ai juste conduit à l'eau et ils ont bu copieusement. ".

" J'ai été très impressionné par la
manière dont Sam a mené l'équipe " déclara Sir Alex Ferguson, manager bien connu
du club de football de Manchester United. Fausse modestie ? En fait le capitaine vainqueur
de la Ryder Cup avouait au Sun comment ses coups de fil avec les managers de Manchester
lui avaient permis de battre les Etats-Unis. Il avait demandé à Sir Alex et à
Sven-Goran Erikson des conseils pour mouler une équipe avec des professionnels hautement
payés par ailleurs et le résultat fut éclatant. " Alex a été parfait ", dit
Torrance. Il manage ce genre de situation depuis des années et il m'a aidé chaque fois
que j'ai eu besoin de lui. "
Ceci ne diminue en rien ni son mérite et ni sa victoire.
Nick Faldo, favori pour conduire l'équipe à la prochaine Ryder, encourageait d'ailleurs
Sam Torrance à continuer : "Sam a fait un travail extraordinaire. J'aurais aimé le
faire, mais je pense qu'il mérite de défendre son titre lui -même. "
Monty : en moins de 3 heures, 6 birdies et
14 trous
Colin Montgomerie, 39 ans, a conduit l'Europe à l'une
des plus fameuses victoires de l'histoire de la Ryder Cup. Il ne compte pas de tournoi
majeur à son palmarès, mais il a prouvé une fois pour toutes qu'il sait être un homme
majeur dans les occasions majeures.

En moins de 3 heures, 6 birdies (plus un resté sur la lèvre du 7ème trou), son jeu
brillant, si précis et si efficace, a démonté Scott Hoch donnant à l'Europe le
meilleur départ possible dans les simples.
Cet homme avait une mission et Torrance savait l'importance de gagner le premier point au
tableau :"Il y a des gens sur qui on peut parier sa maison, voire sa vie. Monty fait
partie de ces gens très spéciaux. Je lui ai demandé, il l'a fait."
Monty a gravé son nom dans la légende de la Ryder Cup.
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