Les Masters 2003
Martha Burk
and Tiger Woods
"pluggés" dans les trappes à sable d'Augusta
Pour le monde des golfeurs, la seule vraie question du
tournoi 2003 des Masters était de savoir si Tiger Woods serait le premier joueur à
remporter les Masters trois fois d'affilée. Pour Martha Burk, Présidente de l'Union des
Organisations Féminines Américaines, c'était l'échéance de son ultimatum lancé au
Club d'Augusta National (exclusivement mâle) d'admettre une femme parmi ses membres. Il
semble que leurs ambitions se soient "pluggées" dans les trappes à sable
d'Augusta.
Pour Tiger Woods, il n'était pas du tout prévu qu'il
lui faudrait attendre son dernier putt d'un mètre pour savoir au bout des 36 premiers
trous s'il allait passer le cut à 5 au-dessus du par et à 11 points du leader Mike Weir.
Au troisième tour, il fit un retour sensationnel revenant à -1 à 5 points du leader
Jeff Maggert. Mais sa poursuite vers une victoire sans précédent fut interrompue dès le
3ème trou du tour final pour une erreur de stratégie. Au lieu de partir d'un fer sur ce
par-4 très court, il écouta son caddie qui lui suggéra de tenter le green d'un coup de
driver
Six coups plus tard - dont un en gaucher - il quittait le green avec un
double bogey et ses espoirs envolés.

On le revit à la cérémonie finale pour remettre, selon l'usage, la " Veste Verte
" à son successeur, le Canadien Mike Weir, vainqueur 2003.
De l'autre côté, la protestation publique de Martha
Burk devant Augusta - confinée dans un enclos délimité par le shérif local, loin du
tournoi - fut un flop. De toute façon, Hootie Johnson, président d'Augusta National,
avait toujours dit qu'il ne changerait pas d'avis et n'accepterait jamais que les règles
d'admission de ses membres soient modifiées sous une pression extérieure, " à
la pointe d'une baïonnette ". Et lors d'une conférence de presse avant
tournoi, il avait déclaré que les membres étaient fermes sur leur droit de pouvoir
choisir qui il voulait bien faire entrer au club. Plus de 60 " vestes vertes "
se tenaient, silencieuses, assises derrière lui et il déclara : " Vous voyez,
ce n'est pas une décision personnelle ". Puis il rejeta également l'idée que
Tiger Woods ou tout autre champion passé puisse influencer leur décision commune :
" Je ne dis pas à Tiger comment jouer au golf et il n'a pas à nous dire comment
gérer notre club privé ". Si Hootie Johnson accepta donc de parler de la
controverse, il refusa par contre de répondre à toute question relative à Martha Burk.
De telle sorte qu'à une question d'un journaliste relative à l'autorisation éventuelle
de pouvoir placer la balle sur le parcours en raison des mauvaises conditions climatiques,
il fut heureux de s'exclamer : " Ah, enfin, une question de golf ". Et
de s'empresser de dire qu'il n'y aurait jamais de placement de balle pendant un Masters. A
l'approbation unanime du monde du golf.
De son côté, Martha Burk qualifia pourtant sa réunion de succès parce que le peuple
Américain avait entendu son message même si les protestataires qui la soutenaient
n'étaient que
50, tout au plus. Et elle annonça qu'elle allait se lancer dans une
nouvelle campagne estmant qu'ils "ne pourront pas toujours rester silencieux".
" Attendons et voyons " comme disait Churchill. |
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La "Veste Verte" au Canadien Mike Weir
après les mauvais jours
Mike Weir et Léonard Mattiace ont ajouté
un autre chapitre aux Masters, déjà fameux pour leurs aventures et revirements survenus
au cours des années sur les neuf derniers trous du tour final de ce tournoi. Ils sont
allés un peu plus loin en ajoutant un trou supplémentaire pour une mort-subite
remportée pour la première fois tant par un gaucher que par un Canadien. A cette
occasion, rappelons, pour l'exemple, combien ce fut dur pour le petit gaucher, né
en 1970 en Ontario, pour en arriver là.
Le premier amour de Mike Weir fut le hockey. Mais à douze ans, il se tourne vers le golf.
Héritage du hockey, il est gaucher comme 22% des golfeurs Canadiens (contre 3% ailleurs)
et à 13 ans, il écrit à Jack Nicklaus pour lui demander s'il doit changer de main et
devenir droitier. Nicklaus en personne lui répond de s'en tenir à son penchant naturel
et cette anecdote à été maintes fois racontée depuis lors.
Au milieu des années 90, il bataille dur : " Cela m'a pris cinq ans de
Qualifications pour sortir. Je me souviens d'avoir raté cut après cut aux tours
Australien ou Canadien et j'y allais sans argent, ni sponsor. Je garde toujours ces
temps-là en mémoire et si quelque chose contribue à ma détermination, c'est que je
sais combien ce fut dur d'en sortir."
Sa performance aux Masters cette semaine est le dernier chapitre actuel de son histoire.
" J'arrivais de nulle part sur les tours en Australie et au Canada essayant
chaque fois d'être meilleur, J'ai toujours été en quête d'être meilleur, d'abord pour
jouer sur le PGA Tour, puis dans le top-50 des meilleurs, puis dans le top-10. "
Et il ajoute avec in clin d'il malicieux : " Et maintenant j'ai l'espoir de
devenir peut-être le meilleur. "
Qui sait! Mais son calme et sa précision en ont épaté plus d'un.
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