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Golfnotes

 

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Portrait de

Payne Stewart 

gentleman golfeur  


La tragique disparition

 

Le 25 octobre dernier, l'américain Payne Stewart nous quittait tragiquement dans un accident d'avion hors du commun. Un incident de dépressurisation à plus de 13 000 m d'altitude transformait l'avion privé du champion en cercueil volant avant de parcourir près de 2 500 km pour s'écraser dans une plaine du Dakota du Sud.

Et pourtant l'année 1999 avait été la grande année du retour du golfeur le plus élégant de la planète golf. Tout le monde se souviendra de ses élégants knickers et du raffinement de ses chaussures, bien souvent en peau de crocodile. Cette élégante façon de jouer remonte aux débuts des années quatre-vingts quand il jouait sur le circuit asiatique. Il avait remarqué l'australien Rodger Davis (qui pousse d'ailleurs le raffinement à broder son nom sur ses chaussettes!) et cela lui donna une (bonne) idée quand il rejoignit deux ans plus tard, à l'âge de 25 ans, le circuit américain. Il préfère oublier les réflexions moqueuses d'un certain Lee Trevino lors de son premier tournoi se souvenant modestement que quelques semaines plus tard, il remportait son premier open, le Quad Cities. Une façon des plus classes qu'il n'était pas sur le circuit pour jouer les mannequins fanfarons.

Payne Stewart était né en 1957, le grand crû des champions de golf. Des joueurs comme Ballesteros, Langer, Faldo ou Price ne sont-ils pas nés, eux aussi, cette année là?

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Payne Stewart exulte après
l'énorme putt rentré sur le 18e green

En juin dernier, il remportait donc son second US open, la troisième victoire majeure de sa carrière après l'USPGA 1989 et un premier open américain en 1991. C'est également en juin dernier qu'il donnait sa dernière grande interview pour le célèbre magazine américain Golf Digest. On y découvre un homme profondément patriotique et respectueux des traditions et valeurs familiales ("J'aime mon pays et mets ma main sur mon cœur lorsque j'entends l'hymne national. Je suis fier d'être américain"…"Je conseille à ceux qui critiquent publiquement notre pays de s'en aller et d'aller foutre le bordel ailleurs").

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Un respect des traditions et valeurs familiales transmis de père en fils. Il avait su transmettre à ses deux enfants Chelsea (14 ans) et Aaron (10 ans) les saines valeurs de la famille ne se gênant pas d'embrasser son père en public ou étreignant ses enfants en leur disant qu'il les aime après les avoir réprimandés pour une faute commise. De vrais sentiments, un coeur gros sans vouloir en imposer auprès de ceux qu'il aime.

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Payne Stewart à l'US Open 91
avec sa femme Tracyet sa fille

Par contre, Payne Stewart avait trois faiblesses qu'il n'arrivait pas à surmonter: les greens d'Augusta du Masters sur lesquels il avouait faire un complexe d'infériorité et son incapacité à s'arrêter de déguster un cigare ou de mastiquer du chewing-gum. Fautes avouées. Nous citerons également cette très amusante anecdote qu'il avait rapportée à nos confrères américains sur l'anonymat qu'il retrouvait quand il ne portait pas ses knickers. Mettant, cette année, sa maison en vente, le chanteur Michael Jackson ne l'a même pas reconnu. Sourions quand même en pensant qu'il était la seule personne médiatique à passer inaperçu… une fois qu'il avait enlevé son pantalon!

Terminons cet hommage par un souvenir plus personnel. Lors de sa visite, il y a quelques années, au Tournoi Perrier de Paris, je le croisais en salle de presse, assoiffé et ruisselant de suer après une partie disputée sous un soleil de plomb. Je commis alors l'impardonnable bévue (dois-je avouer que je n'ai jamais bu une bière de ma vie) de lui proposer quelques glaçons dans la bière que je lui offrais avec plaisir et un honneur non dissimulé.

L'Américain moyen n'aurait pas manqué, à coup sûr, de se moquer. Payne Stewart, en vrai gentleman, me fit gentiment remarquer qu'il la préférait nature.

A votre santé, monsieur Payne Stewart en souhaitant que le monde du golf ne vous oubliera pas.

par Jean-Claude Gambert

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