Tiger Woods continue de laisser des empreintes le long de la
large avenue de la notoriété mondiale. Il vient de recevoir une sorte de Légion
d'honneur médiatique en faisant la Une du Time. Le célèbre
magazine américain, dans son édition datée du 14 août 2000, ne lui consacre pas moins
de 10 pages qui tentent d'expliquer l'explosion golfique du prodige américain qui vient
de boucler son premier Chelem à l'âge de 24 ans.
Time dresse un portrait très pointu de Woods et de l'évolution de sa prise de risque au
niveau de son swing.
En effet, à l'issue de sa première victoire majeure au
Masters 97, il téléphonait à son coach Butch Harmon pour lui signaler qu'il désirait
se reconstruire un nouveau swing ! Ressentir le besoin de remettre en question un swing
qui venait de remporter l'un des plus grands tournois du monde : il faut s'appeler Tiger
Woods pour connaître aussi finement son jeu de golf et constater un manque à un tel
moment. Une montée un peu plus courte et surtout plus compacte, plus de contrôle dans la
zone d'impact pour un club square plus longtemps et un grip de la main gauche un peu moins
fort l'obligeaient à repasser par les qualifications du Hall of Fame, cette belle avenue
qui semble avoir été tracée pour lui et d'accepter de rentrer provisoirement dans les
rangs des champions de golf. En ôtant sa casquette de boss du golf mondial.

Tiger Woods

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Tout le monde criait au génie et il s'obligeait humblement à refermer la porte de la
gloire. En prenant le risque de perdre les clés et de refuser d'entendre les commentaires
qui commençaient à se propager le long des fairways du monde entier. Une seule victoire
en un an et demi sans pouvoir rien dire ou se plaindre. A 22 ans, le jeune noir américain
acquérait un mental hors de commun !
Il entrevoit le début de la fin du tunnel
en mai 99 durant une séance de practice. Pour la première fois depuis de longs mois, il
ressent la sensation de faire le coup parfait. La balle exécute ce que sa pensée
intériorise. D'autres coups parfaits suivent entrecoupées de balles classiques. "
Euréka, j'ai trouvé " pense-t-il comme un de ses illustres ancêtres. Il
téléphone aussitôt à Butch Harmon : " Je pense que je suis de retour " lui
confie-t-il ému. Quelques jours plus tard, il score 61 durant le premier tour du Byron
Nelson Classic !
Messieurs les stars du golf
mondial, Tiger Woods est de retour et comme le sourira Nick Faldo un an plus tard :
"Ne va-t-il pas falloir créer un Tiger Woodsless Tour ? " Durant le reste de
l'année 99, Woods se permet de remporter dix victoires sur les 14 compétitions qu'il
dispute dont 6 de suite à cheval sur 99 et 2000 ! On connaît la suite. Jack Nicklaus,
golfeur du siècle, semble avoir trouvé son successeur. Dès à présent, Tiger Woods est
entré dans la légende du sport mondial et il semblerait indécent de vouloir lui prêter
les défis les plus fous.
On ne peut, en effet, évoquer son nom sans
murmurer l'invraisemblable, utopique et sysiphique grand chelem soit les quatre tournois
majeurs remportés la même année. Il faut garder à quiconque toute dimension humaine.
C'est sans doute le prix à payer pour conserver un sens à son existence. Mais ne
vient-il pas déjà d'en remporter trois cette année (on n'oubliera pas de sitôt son
historique 4e tour de l'USPGA) comme un certain Ben Hogan en
1953 ! Alors que penser
?
Comme certains observateurs financiers qui osent évaluer que la valeur marchande de Tiger
Woods pourrait atteindre le milliard d'euros à l'âge de 30 ans (en 2006)! Et surtout,
gardez la monnaie
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