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Si la Franche vous était contée

par Frédéric Sabathié

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Du Château de Bournel au golf de Prunevelle, prochaine étape de notre périple franc-comtois, nous suivons le Doubs, incrusté dans une très belle vallée, témoin d'un commerce fluvial important dès l'antiquité. Au loin, la crête neigeuse des Vosges, fine, tranchante, se partage l'horizon avec les cheminées d'usines qui hérissent le ciel doubiste. Montbéliard, recroquevillée au pied du ballon d'Alsace et du château des Princes, est le cœur du royaume Peugeot depuis le début du XIXè siècle.

a_ico_fleche.gif (102 octets) Le golf de Prunevelle

En 1929, Jean-Pierre Peugeot décide la création d'un parcours de golf à Dampierre sur le Doubs, tout près des usines Peugeot de Sochaux, et contacte Francis Cavalo, futur vainqueur de l'Open de France en 1948, pour dessiner le parcours de Prunevelle.

m_frfranc03.jpg (2879 octets)Ce parcours se caractérise par la longueur de ses fairways (trous 9, 16) bordés de végétaux septuagénaires et par des greens difficiles et très rapides. Le plus beau trou est le 12, par 3 de 182 mètres avec une vue splendide sur les Vosges. Les plus durs :le 9 (par 4 de 425 mètres) et le 16 (par 4 de 380 mètres) pour leurs longueurs. Prunevelle accueille chaque année, depuis une quinzaine d'années, le "Peugeot Classic" épreuve phare du circuit amateur européen, dont figurent au palmarès des joueurs qui ont fait leurs preuves sur le circuit professionnel européen : Robert Karlsson, Thomas Björn, Raphaël Jacquelin entre autres...

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a_ico_fleche.gif (102 octets) Arc-et-Senans

De Montbéliard à Arc-et-Senans, il convient de reprendre l'autoroute A36, jusqu'à Besançon, puis la RN 83 en direction d'Arbois.

Les derniers plans du "Don Juan" de Molière que Marcel Bluwal avait filmé pour la télévision, il y a une trentaine d'années, ont révélé au grand public l'un des plus extraordinaires édifices jamais conçus par un architecte. Aux mesures exactes de la statue du Commandeur, les salines royales de Claude Nicolas Ledoux sont le type même de l'idée faite pierre où le ciel et la terre paraissent pris au piège d'une même formidable glaciation minérale. Seul Michel Piccoli, dans le rôle titre, était assez téméraire pour affronter un tel colosse panoptique.

De cet univers concentrationnaire mis au service de la rationalité industrielle reste un art monumental grandiose tout autant qu'un dispositif initiatique et utopiste d'une redoutable efficacité. Pour Ledoux, "l'architecte doit enlacer le spectateur dans la séduction du merveilleux" et, au passage, régler ses comptes avec les élégances d'un Gabriel commandité au même moment par Louis XV, pour la prestigieuse place de la Concorde à Paris.

Renouant avec l'utopie de la Ville idéale de la Renaissance, cette vision fantastique nourrie d'antiquité classique surgit au cœur d'une Franche-Comté en proie au servage comme la prémonition fatale des pires modèles sociaux collectivistes.

La route, entre Arc-et-Senans à Lons-le-Saunier, en passant par Arbois, la capitale du vignoble jurassien, est jalonnée d'auberges vigneronnes aux toits de "travaillons" (traditionnelles planchettes de bois).

Là, elle est bordée de prés en pente douce où paissent vaches montbéliardes. Là encore, les chênes, les charmes et les hêtres surplombent les pans de vignes aux savoureux cépages...

Merveilleuse région...

 

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