 Greens
en fleurs, d'Omaha Beach à Deauville
par Alain Rougeot
Où jouer ?
Informations
Le
golf de Caen : un ensemble golfique digne de la capitale normande
Le passant que le hasard des affaires ou du tourisme
amène à Caen découvre, s'il ne la connaissait pas, une belle ville aérée, avec un
bassin portuaire et un hippodrome en plein milieu, de grandes avenues aux boutiques bien
achalandées, beaucoup d'animation autour du Château des Ducs de Normandie et dans les
petites rues avoisinantes du quartier du Vaugueux, où se retrouve la jeunesse dans les
nombreux restaurants entourant "La Bourride" de Michel Bruneau (double étoilé
Michelin) et bien entendu ces joyaux de l'architecture normande médiévale que sont les
Abbayes (aux Hommes et aux Dames) ou la belle ordonnance XVIIIe du palais qui abrite le
Conseil Régional. Les architectes ont justifié leur réputation en aménageant, sur le
terrain disponible, qui se présente comme un plateau coupé en son milieu par un profond
vallon aux pentes boisées et des espaces d'eau en fond de vallée, trois boucles de neuf
trous.
Dans la deuxième moitié du 19e siècle, la vogue des
bains de mer et l'arrivée du chemin de fer avaient amené sur les plages ou dans des
ports de pêcheurs, des citadins qui y avaient fait construire des villas bien typées. En
Normandie, trois de ces stations se détachaient par l'importance et le prestige de leurs
équipements : hôtels, casinos, hippodromes, golfs et la notoriété (aujourd'hui on
dirait médiatisation) de leurs hôtes : Cabourg, Houlgate et Deauville, la plus proche de
Paris.
Cabourg
: des jeunes filles sur des greens en fleurs
Dans son livre culte "A l'ombre des jeunes filles en
fleurs", Marcel Proust évoque son séjour de convalescence dans le grand hôtel
d'une localité qu'il appelle Balbec, où l'on reconnaît Cabourg.
Des trois golfs existant au début du siècle dernier sur
la côte Fleurie, c'est le seul qui soit resté à la même place et qui a conservé avec
son club house à pans de bois et des trous dans la dune du bord de mer l'image que lui
avaient donné ses fondateurs de 1907.

|
|
Un nouveau
club house, en 1958, et 18 trous (par 68) ont été mis en service, enfin en 1987, après
l'intervention d'Olivier Brizon, qui a allongé le parcours de 4 110 mètres à 5 258
mètres et ramené le nombre des par 3 de onze à huit sur le terrain. Le golf de Cabourg
a repris sa place parmi les grands classiques de ce jeu dans notre pays. Dans le Calvados,
c'est même le dernier club non commercial.Le
parcours débute avec un par 3 de 157 mètres (des départs blancs) dans un paysage qui
rappelle Ballybunion. Le 2 est un par 4 de 281 mètres puis on quitte la dune en
franchissant la route de Merville-Franceville pour jouer, dans des prairies sans grand
relief que l'architecte a meublées avec des obstacles d'eau de longs trous : trois par 5
dont un, le 12, de 573 mètres, revient vers la route. Avec le 13, on retrouve le bord de
mer.
Au 16 (par 3 de 167 mètres)
il faut jouer un green perché au sommet d'une haute dune parmi les oyats et les buissons,
d'où l'on découvre la plage et l'ensemble de la station. C'est un trou que tout golfeur
doit rêver de pouvoir jouer au moins une fois dans sa vie. Le golf de Cabourg-Le Home est
très sollicité par ses membres. Cette situation a conduit la municipalité, longtemps
animée par Bruno Coquatrix, à profiter de la présence d'Olivier Brizon, pour créer un
golf public plus proche du centre de la station, des grands hôtels et du Casino. Sur des
terrains marécageux disponibles, en bordure de l'hippodrome (comme dans toute station
normande les courses occupent une grande place dans le calendrier des festivités),
l'architecte a réalisé en 1988 un parcours plat de 9 trous sur 2 930 mètres (par 36)
avec des équipements annexes dont un petit parcours d'entraînement de 3 trous, très
orienté vers la formation de nouveaux joueurs.
Les prix pratiqués sont les
plus bas de la côte : 140 F pour une journée de week-end en haute saison (l'été plus
le mois d'avril), 60 F pour un parcours de 9 trous, un jour de semaine, en basse saison.
Entre ces extrêmes les prix s'échelonnent selon les périodes, les jours et que l'on
joue une seule partie ou plusieurs.

|