 Le
Sénégal, c'est génial !
par Jean-Luc
Duclos
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Dakar Février 2001 -
A cinq heures de Paris, le Sénégal, trois
syllabes dont la dernière annonce une diphtongue du Brésil, voisin américain par-delà
l'Atlantique que traversa tant de misère exportée depuis l'île de Gorée. Sénégal des
couleurs : oasis du Nord, rizières bordées de palmiers, bolongs moirés comme des
serpents d'eau, terres rouges le long de la route reliant Dakar à la Petite Côte
parsemées de baobabs aux troncs d'éléphant, verts presque irréels des greens de
Saly
Richesses des toilettes des femmes, chatoiement des boubous, robes à volants
dont les mousselines répondent à l'écume des flots caressés par les alizés. Sénégal
des corps sur lesquels jouent le soleil brûlant et la brise adoucissante. Sénégal des
villes anciennes, des parcs et des réserves, des plages et des refuges
Sénégal du
cur et de l'âme où les minarets veillent à la prière, où dans des églises
catholiques résonnent lors de la messe dominicale des churs gospélisés d'enfants.
Sénégal, un pays multiple et ô combien fascinant
Pays d'équilibre, plus vieil empire d'Afrique
occidentale, premier des "Pays des Noirs" a avoir été mis en coupe réglée
par les Européens, le Sénégal a, dans l'histoire de son peuplement, connu des vagues
successives d'invasion. Des royaumes s'y sont créés, y ont péri. Cadre de luttes
innombrables, il a subi le fer et le feu, traversé richesse et dénuement, noblesse et
asservissement.

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En 1980, au
chrétien-poète-académicien Senghor de Joal succède Abdou Diouf, musulman de Louga et
universitaire titré. Homme de dialogue et pacifiste, il restera vingt années au pouvoir,
troublées seulement par des problèmes de frontière avec la Guinée-Bissau et des
troubles indépendantistes en Casamance. Prévoyant, connaissant les problèmes de
l'Afrique, Diouf chercha, par tous les moyens, à développer l'autosuffisance alimentaire
et économique de son pays. Le pari de l'approvision- nement est presque gagné et, une nouvelle force
l'élève : le tourisme. Le climat, les plages, la beauté des espaces et
l'amabilité souriante, parfois volubile, des huit millions de Sénégalais, séduisent.
Aujourd'hui, deuxième source de devises du pays, il justifie pleinement les
investissements lourds réalisés : palaces du bord de mer, clubs de vacances, campements
de brousse, centres de chasse et de pêche au gros, parcours de golf du Cap Skirring et de
Saly, etc. La gamme est vaste et harmonieuse, car il y en a des choses à découvrir dans
ce pays, où les Français ne seront pas déroutés par la langue, puisque tous les
autochtones parlent, en plus du wolof, un français digne de Molière
"Femme gazelle aux attaches célestes." Ainsi
Senghor parle t il de la Sénégalaise. Rencontre inoubliable de l'éclat d'un regard qui
nous fait comprendre que la beauté est toujours la marque du triomphe humain sur
l'adversité, la dureté de la nature, les aléas de l'existence.
Dakar,
capitale de la couleur.
Point de chute obligé, le Plateau, planté là, face à la mer, sur un
promontoire rocheux entouré en partie de falaises coupées de criques et de plages, avec
ses avenues larges aux noms familiers : Pompidou, Peytavin, Roume, Sarraut. Grands hôtels
internationaux abondent, tout comme les restaurants à la savoureuse cuisine sénégalaise
où domine le Tipe boudien (riz au poisson) ou encore libanais, proposant le délicieux
Chawarma (mouton rôti).

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